Une épopée ancestrale de grande ampleur
Accroche : L’aède Homère met par écrit au 8e siècle avant Jésus-Christ, en dialecte ionien, la mythique légende de la guerre de Troie, destinée à être chantée. Homère y raconte le déroulement de la dernière année de cette guerre, qui dura dix ans.
Résumé : Comment résumer en quelques lignes un poème épique de 15 693 vers, divisés en 24 chants ? Les éléments à l’origine de la guerre de Troie – autrefois appelée Ilion, d’où l’Iliade, – (tout s’explique !) seraient trop longs à expliquer, et je crains que vous ne lisiez pas jusqu’au bout ce résumé ! Pour faire simple, la guerre de Troie a pour origine l’enlèvement d’Hélène par le troyen Pâris, fils cadet du roi d’Ilion, Priam. Hélène était un reine grecque, épouse du roi Ménélas de Sparte. Homère lui-même ne dit rien des causes premières de la guerre, de ses préparatifs, ni d’ailleurs de son dénouement. Il indique simplement que les Grecs, voulant « délivrer » Hélène, assiègent Troie depuis 9 ans sans succès. La cité troyenne se place sous la protection d’Aphrodite, déesse de la beauté choisit comme étant la plus belle déesse par Pâris. Quand aux Grecs, ils sont aidés d’Athéna, déesse de la guerre sage. À la suite d’une expédition contre une cité voisine, le chef grec Agamemnon, frère du roi Ménélas, reçoit une prisonnière, Chryséis. Le demi-dieu grec Achille reçoit Brisièis. Comme Chryséis est la fille d’un prêtre d’Apollon, ce dernier se met en colère et provoque la peste. Agamemnon est obligé de rendre sa captive, à condition qu’Achille rende la sienne. Les événements qui suivent sont rassemblés par Homère sous le titre de La colère d’Achille et on comprend rapidement pourquoi : furieux, le héros grec refuse de participer aux combats. Son égoïsme aura pour conséquence les défaites successives des Grecs, puisqu’il invoque Zeus pour qu’il favorise les Troyens : Patrocle, ami d’Achille, est tué et dépouillé de ses armes par le camp adverse, Hector. Redoublant de colère, Achille repend le combat et tue Hector grâce aux armes qu’Héphaïstos lui a donné. Mais son courroux va trop loin : il sort des règles de l’humanité en traînant le cadavre d’Hector autour de la tombe de Patrocle. Le roi troyen Priam réussit à récupérer le corps de son fils Hector, et à calmer la fureur d’Achille. Là s’achève l’Iliade.
Homère a mis par écrit les légendes orales qui prenaient la réalité dans sa version la plus épique possible. Et il a eu raison, car encore aujourd’hui, les péripéties d’Achille, Pâris et tous les autres ont été conservé, et plus encore, adaptées au cinéma !
Ma critique : Outre le fait que l’Iliade nous délivre un récit d’aventures héroïques, Homère offre un solide témoignage sur la façon dont ses contemporains définissaient la vie humaine : destin soumis aux dieux, importance des vertus – guerrières, hospitalières, etc –. La guerre de Troie a été le point de départ de nombreux autres récits, à commencer par l’Odyssée d’Ulysse dans laquelle de nombreux échos à ces événements (Quand Ulysse descend aux Enfers il y rencontre des héros tombés durant la guerre de Troie). D’autres mythes ont pour racine commune la guerre de Troie : la fondation de Rome par Romulus, descendant d’Énée, troyen qui parvint à s’enfuir, en est un exemple probant.
Extrait : Ulysse cherche à convaincre Achille de reprendre le combat « Notre souci est de savoir si nous sauverons ou perdrons nos vaisseaux … à moins que tu ne reviennes combattre avec nous. Les Troyens ont établi leur camp tout près des vaisseaux et du mur ; ils croient que nous ne tiendrons plus et que nous allons nous jeter sur nos vaisseaux. Lève-toi donc, si tu veux sauver les tiens »
Informations générales : L’Iliade [texte imprimé] / Homère (780-720 avant Jésus-Christ?), Auteur. Paul Mazon, Traducteur – Paris (5, rue Gaston Gallimard 75007 Paris, France) : collection Folio Classique, édition Gallimard, 1975 – 512 pages; 108 x 178 mm. ISBN 9782070367009 : 4,90 EUR.
épopée
Langues : Français (fre) Langues originales : grec ancien
Indexation décimale : 880 Littérature grecque
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