Pourquoi préférer le film :
Si vous avez adoré la petite nouvelle de soixante pages de La Princesse de Montpensier , et bien j’ai une bonne nouvelle à vous annoncer, puisque vous allez prolonger le plaisir. Il est vrai que le roman ne fait que soixante pages, et je me dis que c’est bien dommage pour les fans comme moi, de n’avoir pu profiter, finalement, que brièvement de cette oeuvre. Mais la bonne nouvelle est que ce livre a été adapté. Et il ne dure pas que soixante minutes mais 2H19, oui vous avez bien lu, 2H19! N’est-ce pas une raison pour laquelle le film gagne un point ? Pour moi, oui!
Si vous adorez l’univers médiéval, vous allez être servi puisque le réalisateur à utiliser ces 2H19 pour plonger complètement le spectateur dedans. Le but du réalisateur TAVERNIER est de ré historiciser la nouvelle, pour rendre l’univers du 17e réaliste, pour nous spectateurs contemporains. C’est pourquoi, il y a une multiplicité de détails, par exemple les vingt premières minutes du film s’ouvre uniquement sur une scène de bataille, montrer la passion pour l’astrologie de Catherine de MEDICIS, l’utilisation de la langue du 17e, la présence des guerres de religions qui empêche l’intimité au sein des couples. Tous ces détails sont significatifs et nécéssaire pour expliquer la cruauté dans lesquels les personnages vivent.
Le réalisateur rajoute des scènes cruciales comme la scène de la nuit de noce permettant de rendre compte du viol des femmes lors des nuits de noces (puisqu’elles épousent des hommes par obligation). De plus, la femme doit être vierge puisque c’est une précieuse, c’est pourquoi la scène de déviergement de la princesse de Montpensier se fait devant la famille, pour s’assurer que cette dernière soit restée vierge. Cette scène permet aux spectateurs d’avoir de la compassion pour cette femme. Or cette scène n’existe pas dans le livre puisque le but n’est pas d’avoir de la compassion pour les femmes du 17e.
Il est vrai, la place de la femme dans le film est primordiale, contrairement au livre. TAVERNIER délivre un message féministe. La princesse de Montpensier n’inspire par être une mauvaise femme à nos yeux, mais une pauvre femme qui subit les conditions cruelles de sont temps. C’est pourquoi, TAVERNIER rend son oeuvre filmique féministe de ce point de vue, il y instaure donc la modernité par le biais de nos valeurs sociétales. C’est la raison pour laquelle la princesse victime et non pas fautive dans le film. Et j’apprécie particulièrement ce point, car il y en a marre de voir des femmes avec une mauvaise image!
Concernant les personnages, et bien ils sont tous présents dans le film. Et ils sont d’autant mieux développés, c’est le cas du comte de CHABANNES, en effet l’oeuvre s’ouvre et s’achève sur lui. Le personnage du comte est utilisé par le réalisateur comme le double masculin de la princesse. Il est tiraillé par la passion et par ses convictions, mais d’un point de vue masculin c’est tout à fait différent. D’un point de vue de la passion, il est le double de la princesse car il est amoureux d’elle mais elle est inaccessible, c’est un amour interdit. C’est exactement ce que ressent la princesse puisqu’elle est amoureuse du duc de GUISE, mais ne peut pas l’épouser. D’un point de vue des convictions, le réalisateur se sert des personnages pour délivrer des messages sur la guerre, en l’occurrence les guerres de religions). Puisque le comte de CHABANNES ne veut pas de guerre mais se bat avec les catholiques, par amitié pour le prince de CONDÉ.
Pourquoi préférer le livre :
Le livre apporte une vision différente du 17e, puisqu’il rend réellement compte de la dureté des conditions des femmes à cette époque. En effet, madame de LAFAYETTE dépeint la dure réalité des femmes par le biais de la princesse de Montpensier.
La princesse connait plusieurs difficultés (cliquez ici pour accéder au résumé du livre), à cause de sa condition de femme, par exemple le fait d’épouser un homme qu’elle n’aime pas et que son père dirige ses choix et sa vie. Malgré cela, la princesse de Montpensier n’est pas décrite comme la victime mais comme la fautive de tout ce qu’il lui arrivera par la suite. L’auteure ne partage aucune compassion avec ce personnage, puisqu’au 17e siècle les femmes ne devaient pas être soutenue comme de nos jours, mais accablées si ils leur arrivent des malheurs.
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